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Modernes Madones Hélène Epaud
J'ai toujours été frappée, à Florence comme à Paris, par la tristesse des visages de madonnes dans les musées. Ces nouvelles mères me semblent atteintes au plus au point de dépression maternelle, même si je sais que c'est historiquement faux, et projectif de ma part. J'ai voulu y voir un geste des artistes censés célébrer la maternité, par une gloire d'apparat certes mais contredite par l'expression d'...
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| J'ai toujours été frappée, à Florence comme à Paris, par la tristesse des visages de madonnes dans les musées. Ces nouvelles mères me semblent atteintes au plus au point de dépression maternelle, même si je sais que c'est historiquement faux, et projectif de ma part. J'ai voulu y voir un geste des artistes censés célébrer la maternité, par une gloire d'apparat certes mais contredite par l'expression d'une parturiente qui vient de survivre à son accouchement qui - faut-il le rappeler ? - continue à tuer des millions de femmes de par le monde. Une fois devenue mère et photographe, j'ai été particulièrement frappée par leurs postures de portage des nouveaux-nés : ces "icônes" de la maternité en occident tiennent leur enfant-dieu de manière totalement contre intuitive. Ce sont ces décalages que j'ai essayé de rendre en transposant des femmes d'aujourd'hui sur un fond de papier "peint" et en leur demandant, à partir de célèbres madones - Giotto, Holbein, De La Tour, etc, - de reproduire leurs poses avec une poupée qui a les dimensions réalistes d'un nouveau né (ce qui n'est jamais le cas dans les tableaux sauf dans l'iconographie russe). Par le jeu des ombres et lumières, ainsi qu'avec un travail spécifique sur la couleur, j'ai exagéré la picturalité artificielle de leurs poses, en voulant rappeler au regardeur la dimension sociale de la maternité. Car n'est-ce pas ce que l'on nous demande, femmes devenues mères, si ce n'est - encore et toujours - de poser ?
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FERMEZ LA PORTE, MERCI Yann Castanier / chut! libres « Fermez la porte, Merci » : une invitation bienveillante envers son semblable, une façon de se pencher vers l’autre… mais aussi une formule d’exclusion, comme pour nous suggérer que chacun doit rester à sa place.
Justement, je franchis le pas de la porte et photographie l’humanité complexe et paradoxale de ceux qui vivent sans logement, sans ce point d’ancrage essentiel. Pendant deux ans je tisse des liens avec plusieu...
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| « Fermez la porte, Merci » : une invitation bienveillante envers son semblable, une façon de se pencher vers l’autre… mais aussi une formule d’exclusion, comme pour nous suggérer que chacun doit rester à sa place.
Justement, je franchis le pas de la porte et photographie l’humanité complexe et paradoxale de ceux qui vivent sans logement, sans ce point d’ancrage essentiel. Pendant deux ans je tisse des liens avec plusieurs sans abri de Montpellier et de Sète, et m’implique jusqu’à la complicité.
D’un même geste, il s’agit de dénoncer les cloisonnements sociaux qui régissent nos rapports humains, et de témoigner de moments de silence, de malice, interrompus d’instabilité et de folie.
Le fil conducteur suivi interroge les chevauchements entre espace privé et espace public. Comment conserver une intimité, se protéger, trouver un lieu où se ressourcer lorsque l’on est interdit de ce minimum vital, le logement.
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collectif chut!libres / chut! libres Chut! Libres ou chacun face au monde, face à soi. Liberté de mouvement, mais responsabilité de l’acte. Engagement. Fascinant. Effrayant. L’envie d’aller à la rencontre de l’homme, de son environnement, sa diversité, l’envie de témoigner. Croiser nos regards pour tenter d’approcher une certaine vérité. La parole unique n’est pas bonne à croire.
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| Chut! Libres ou chacun face au monde, face à soi. Liberté de mouvement, mais responsabilité de l’acte. Engagement. Fascinant. Effrayant. L’envie d’aller à la rencontre de l’homme, de son environnement, sa diversité, l’envie de témoigner. Croiser nos regards pour tenter d’approcher une certaine vérité. La parole unique n’est pas bonne à croire.
Réunion de jeunes photographes aux démarches différentes, mais partageant une même sensibilité, Chut ! Libres a pour objet un questionnement permanent, un désir de dépasser les réponses toutes faîtes, d’apprendre directement de la réalité. Sa photographie se veut sociale par les sujets traités, mais aussi par son action. Dans les écoles, les foyers, à la rencontre des jeunes, des moins jeunes, ce collectif veut promouvoir et partager la photographie par le biais de projets sociaux-éducatifs, de débats, de rencontres improvisées, là où l’image n’est habituellement pas présente.
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