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Le jour, les enfants investissent et s’approprient les aires de jeux conçues pour eux. La nuit, ces espaces semblent s’animer et exprimer leurs propres personnalités. Capturés « entre chien et loup » sans présence humaine, ces jeux se métamorphosent en objets vivants mêlant structure métallique et couleurs électriques. Leurs visages se dessinent et se transforment en véritables personnages surréalistes, oniriques, parfois effrayants. Des créatures animales naissent de l’illusion…Ces objets fantomatiques refont surgir les cauchemars et les peurs enfouies de notre enfance. Une inquiétante étrangeté s’installe dans l’espace nocturne. Les aires de jeux des espaces publics n’échappent pas aux bouleversements architecturaux, ils évoluent avec leur temps. Leurs couleurs et matériaux forment des objets autonomes, plus proches du vaisseau spatial que de la maison du petit ours brun. Le photographe agit ici comme un illusionniste donnant naissance à des hybrides peu familiers. Il confronte le monde sensible, créatif et innocent de l’enfance au monde structuré et moderne d’aujourd’hui. Il soulève et interroge la place et l’utilisation de ces créations artificielles dans nos sociétés contemporaines, toujours plus avides d’innovation.
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